Médaillon Millet & Rousseau
The building
À mi-pente du talus rocheux, à la lisière de la forêt, un médaillon de bronze marque le lieu où deux des plus grands peintres du XIXe siècle ont choisi d'être associés dans la mémoire. Le double portrait a été placé ici parce que c'est ici qu'ils travaillaient — non dans les ateliers parisiens, non dans les académies, mais sur ce chemin, dans cette lumière, parmi ces arbres.
Le médaillon fut inauguré en 1884 — neuf ans après la mort de Millet, dix-sept après celle de Rousseau. Entre-temps, le même establishment parisien qui avait passé des décennies à rejeter la peinture de Barbizon — de la boue, des paysans, des arbres indignes du regard — lui élevait des monuments de bronze. La forêt n'avait pas changé. L'opinion de la capitale, si.
Les deux peintres reposent côte à côte au cimetière de Chailly-en-Bière, à quelques kilomètres. Rousseau avait demandé à être enterré auprès de Millet. Ils avaient vécu à quelques minutes de marche l'un de l'autre pendant près de vingt ans. Ce médaillon est plus discret qu'un monument : il vous demande de regarder la forêt, non de le regarder lui.